« Économies morales sous tension » : pour une écologie politique des territoires
Ce projet a pour objectif de structurer un groupe de recherche interdisciplinaire pour penser les apports de la notion d’économie morale en lien avec des approches relevant de l’écologie politique (political ecology et ecologia politica). Une manifestation scientifique de type journée d’étude sera organisée afin de partager les réflexions du groupe avec d’autres collègues, profiter de leur expertise et développer des recherches articulant ces notions et approches. Cette journée d’études débouchera dans un second temps sur une publication.
Porteurs du projet
- Martin CAVERO-CASTILLO (LAPCOS)
- Quentin MEGRET (LAPCOS)
- Marie-Hélène SA VILAS BOAS (ERMES)
Partenaires
- Pierre-Yves CARPENTIER (LAPCOS)
- Judith AUDIN (CNRS, UMR PRODIG)
- David DUMOULIN KERVRAN (CREDA/Université Sorbonne Nouvelle – IHEAL)
Dates
Octobre 2026
Sources de financement
Objectifs
Résumé : Au cours des deux dernières décennies, une nouvelle conceptualisation de l’économie morale a gagné en importance (Fassin 2009), en s’éloignant des seuls phénomènes de protestation (rurale ou urbain) pour saisir plus globalement la manière dont divers positionnements et sentiments moraux s’articulent à l’égard d’enjeux politiques variés, qu’il s’agisse de migration, de pauvreté, de prostitution, d’avortement, d’homosexualité, ou encore de harcèlement sexuel dans l’espace public (Fassin et Eideliman 2012, Melliti et Le Pape 2018 ; Duplan et al. 2021).
Si cet élargissement thématique semble aller de pair avec une réduction de la solidité théorique de la notion d’économie morale, notre pari est de montrer à quel point ce socle théorique peut se développer et s’enrichir au contact d’approches pluridisciplinaires voisines. C’est dans cette optique que nous souhaitons combiner l’usage de la notion d’économie morale avec des approches relevant de la political ecology.
En effet, qu’il s’agisse des vicissitudes de l’activité minière artisanale au Burkina Faso (Mégret), du développement controversé d’un projet touristique et de conservation au Costa Rica (Rinaudo) ou de l’ambivalence d’un grand projet minier à ciel ouvert au Pérou (Cavero Castillo) – nous avons constaté que l’approche par les économies morales s’avère utile pour saisir les évaluations morales locales en actes liées au déploiement de certaines activités et projets économiques qui ont un impact sur l’environnement.
Objectifs et méthodologie : À travers le temps et l’espace, nous souhaitons ainsi étudier les dynamiques de production des évaluations morales et politiques autour de questions écologiques : rapports de pouvoir et injustices environnementales, usages du territoire et des « ressources », enjeux de production et de circulation des savoirs environnementaux, hybridations ontologiques et visions du monde antagonistes.
Nous souhaitons mettre à l’épreuve d’autres disciplines et d’autres terrains les apports de ces approches du social par le biais des économies morales et des écologies politiques.
Pour ce faire, nous planifions d’organiser une journée d’étude comptant avec la participation de collègues qui ont mobilisé cette approche ou sont susceptibles de la mobiliser. Suite à cette manifestation scientifique et dans un second temps, la coordination d’un ouvrage ou d’un numéro de revue dédié aux « économies morales sous tension » appliquée à des contextes variés sera envisagée.